18 janvier 2008

L'air de riens

Le fond de l'air change quand la nuit s'amène, le saviez-vous? Quand les pensées tournent floues, et que l'on ne sait soudain quelles choses s'y promènent. Les vides s'emplissent et les riens deviennent, d'autant plus présents là où les gens se souviennent. Les pâles ombres agrippant les bras et les murs, certains préfèrent oublier, c'est sûr.

Ils se forcent.

Les silhouettes à pleurer, les bouches muettes, étonnées.

Mais elle ne pouvait pas, n'y pouvait rien, s'étranglait chaque nuit, buvant leurs chagrins.

Elle ramena les draps sur ses oreilles, de peur qu'ils y entrent. Elle avait horreur de ça. Sans y avoir été invité, habitant ses yeux de sombres pensées.
Mais ça ne les empêchait pas, ce n'était jamais suffisant, et elle s'enfonça peu à peu, laissant à peine dépasser ses cheveux. Écrasée par les lourdes couvertures, l'air devenant étouffant mais pas encore suffisamment, de froids souffles de riens, pesant sur sa gorge de toutes leurs mains.

Les orteils recroquevillés, un tunnel pour la bouche d'air glacé.

Elle tourna la tête sur le côté, elle n'aimait pas entendre marcher son coeur au pas, sur l'oreiller.

Tap... Tap... Tap... Tap... Tap...

Posté par lubee à 00:17 - - Commentaires [7] - Permalien [#]



Commentaires sur L'air de riens

    JOYEUX ANNIVERSAIRE LULUUUUUUUUUUU !!

    et très joli texte!
    ça fait penser à la ralentie, de rimbaud, que claire avait fait en BD.

    bisouuuuuuu
    à ce soiiiir

    Posté par morganee, 18 janvier 2008 à 10:31 | | Répondre
  • Sous les pierres, il y a des cloportes. Dans nos pensées aussi, et parfois, la nuit, dans nos cheveux mêmes. Ce sont de petits êtres vivants, amis des jardiniers - ils sont laids et beaux en même temps. Nos peurs et nos angoisses nous fertilisent, et les plus belles choses que nous réalisons ce sont à elles que nous le devons.

    Posté par delest, 18 janvier 2008 à 10:40 | | Répondre
  • Morgane >> Merci Poueeeeeeet!
    Pour la ralentie, ça va devenir une référence maintenant... ^_^

    Delest >> Tu oublies les cafards, qui tricotent les pelottes d'idées noires. Ils les laissent trainer ça et là, un peu au hasard, mais surtout sur l'oreiller, nous chatouillant les trous de nez.

    Posté par lululle, 18 janvier 2008 à 15:51 | | Répondre
  • Les soirs d'anniversaire, les cafards se gominent les cheveux, et endossent queue-de-pie et chapeau claque. Les miss troussent la révérence, et ont de longs fou-rires derrière leurs éventails. Les petits cafardeaux cessent de se curer le nez.
    Même le noir est moins noir, les soirs d'anniversaire. Que le tien soit plus clair et vif que tous les feux de Bengale !

    Posté par delest, 19 janvier 2008 à 00:00 | | Répondre
  • ^___^

    Posté par lululle, 19 janvier 2008 à 16:53 | | Répondre
  • T.T

    huuuu elle fait la perle.

    Posté par ipomée, 19 janvier 2008 à 22:23 | | Répondre
  • Buh, j'fais pas exprès... é__è

    Posté par lululle, 19 janvier 2008 à 23:44 | | Répondre
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